Photo : Modèle inconnu > (Gabriel ?)
_______Chapitre 2. Faim. ___ †
___Je sortais de cette maudite classe de Français. J'avais malheureusementet deux heures. Deux heures de Français, à côté de
lui. Je me dirigeais aux casiers, pour poser mon sac. Il était bientôt 1h. Je commençais à avoir sérieusement faim. Je détestais avoir la sensation d'avoir faim, et d'avoir trop mangé.
Je mangeais toute seule (comme d'habitude). Je ne pus manger mon dessert, à cause d'une tendinite qui me faisait souffrir à chaque mouvement. Bref, que de la routine inintéressante.
Je me mis à penser à Gabriel. Sa voix me glaçait encore l'échine.
C'est drôle, mais je pensais beaucoup aux autres. Même si je ne les appréciais pas, je pensais à eux. Pensent-ils à moi ? Qu'ont-il mangé hier soir ? J'étais souvent tracassée par ce genre de questions débiles. Gabriel devait sans doute m'avoir oubliée, moi, Amy, 17 ans et toutes mes dents. Le pire, j'étais sure qu'il pensait que j'étais suicidaire, et que je me donnais "un style".
De retour dans ma chère 1ere A, je m'installais à côté de Gabriel. Un sentiment de stress m'envahit. Devais-je le saluer ? L'ignorer ? Lui demander quelque chose de précis ? Il me regarda. Silence total
Amy - Euh salut. Tu t'es bien... enfin cette... M'ouais bon, c'est pas grave -__-.
Alors que je me battais pour m'exprimer, il me toisa de haut en bas.
Amy - Quoi ?
Gabriel - Rien.
Il se retourna et fixa le tableau. Je pouvais enfin le reluquer à mon tour. Ses yeux étaient verts, ses cheveux mi-longs étaient noirs et il avait un style de vêtement que j'aimais beaucoup.
Que pouvait-il penser de moi ? Que j'étais complexée, timide. Sans doute ça. Jusqu'à la fin de la journée, cette question me tortura l'esprit.
Le lendemain, je me réveillais, anxieuse. J'avais encore plus mal au bras droit. Cette fichue journée commençait bien.
Quelques petites insultes (qui ressemblaient plus à des menaces de mort) et me voilà arrivée en cours. Premiere heure : Maths. Deuxième : Histoire. Troisième : Anglais. Quatrieme : Français. L'heure tant redoutée. Je me mis à côté de Gabriel. Il me regardait toujours aussi froidement, comme si je lui avait fait quelque chose et qu'il m'en voulait à mort. Je préférais l'ignorer. Je sortais de ce cours ennuyeux en direction des casiers. J'y rencontrais Marc et Steeven, deux gros abrutis qui n'arretaient pas de m'harceler à longueur de journée. J'étais sure qu'ils m'attendaient. Leur air stupide s'exposait devant moi, tel une personne qui veut faire la bise.
Marc - Alors ! Ben tiens ! Qu'est-ce que tu fais là, seule ! Quelle coïncidence !
Le ton de sa voix était gras, pas étonnant vu son physique "imposant". J'étais sure qu'il aimait ecraser les gens, autant physiquement que mentalement. J'imaginais une fille de 12 ans ce faisant écraser par ce gros lard. Il jouirait de sentir le corps de la frêle jeune fille se briser sous son poids.
Amy - Barrez-vous, je vais être en retard.
J'obtais pour une manière froide et directe.
Marc - T'as pas à manger, la gothique ?
Amy - T'as qu'à puiser dans tes reserves, gros lard.
Je lui tournais le dos et me dirigeais en salle 104, pour mon cours d'espagnol. Une main chaude et mouillée cramponna mon bras. Cette main me tira, et je m'écrasais contre un bloc de casier.
Marc - J'suis sur que t'as de la bouffe !
Il me plaqua contre un casier.
Amy - La... lache moi !
La tendinite se réveilla, et j'eus atrocement mal.
Marc - Ca fait mal cette petite prise, hein ?
Mais quel abruti. J'eus soudain la vision d'un cochon. Un cochon, en train de rigoler.
Amy - Arrete ! J'a...
Il mit sa main sur ma bouche. Une sensation de dégout m'envahit. Le ton de sa voix, son odeur, sa main, lui. Tout était gras et moite.
Marc - Hey, fouille la !
Je sentis les mains de son accolyte me fouiller. Il dessinait mes formes, les palpait, les fouillait, en s'attardant un peu trop sur certaines parties, ce qui lui valu un coup de
New Rock dans la tronche.
Steeven - Putain, hé je saigne !
Marc - Gné ?
C'est là que je vis une opportunité. Le gros avait l'attention sur la bouche en sang de son copain, sa main m'effleurait à peine. Cette idée me traversa l'esprit en un centième de seconde : je pouvais m'enfuir.
[Quel suspens XD]